lundi 15 février 2010

Dolmens et doline

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Petite virée au bois de Margues sur les Causses, à quelques kilomètres de la maison. Je n'avais pas revisité les dolmens depuis mon adolescence.

Petite virée et petit parcours  de 600 m pour trois dolmens et une doline (le jaune sur le tracé de la carte).
C'est vrai qu'ils sont modestes mais nombreux ; j'ai lu quelque part que l'Aveyron en comptait près de mille.

Je vous laisse lire les panneaux descriptifs et puis on attaque la grimpette.

Comme vous pouvez le constater, beau soleil et températures fraîches : 4°.
Impeccable pour apprécier la balade après des semaines d'enfermement et pas trop fatiguant !

Premier arrêt pour une curiosité qui serait passée inaperçue, tellement elle est discrète.




Ce petit bassin creusé dans une pierre plate n'est plus grand que la taille d'un pied d'homme.


La promenade est aisée, le parcours efficacement balisé. Dans un silence quasi absolu, le premier dolmen s'offre en pleine ligne droite.
Il est également précisé : "La nature et nos prédécesseurs nous les ont conservés pendant 40 siècles. Les dégradations de nos contemporains leur permettront-ils de survivre un siècle de plus ? Comment les protéger ? Ne pas arracher de fragments de pierre. Inviter vos enfants à ne pas grimper sur la table et à ne pas circuler dans la chambre funéraire".
Le dolmen du bois del Rey. Si je synthétise ce que j'ai lu sur le net, les dolmens sont le type de mégalithes le plus répandu en Europe Occidentale qui en compte plus de cinquante mille. Les dolmens simples comme ceux-ci, étaient à l'origine recouverts de terre et de pierres pour former des buttes artificielles, mais la plupart ont aujourd'hui perdu leur couverture, laissant à jour les monolithes. Un croquis très intéressant montre comment étaient construits les dolmens (en milieu de la page référencée.)
Le dolmen du bois de Galtier. Toujours d'après ce que je lis, ce muret circulaire aurait été construit ultérieurement.
Un coup d'oeil en passant sur cette pierre levée qui maintient un muret de pierres sèches ; pratique courante dans le quercynois.
Le dolmen du devès des Gleyettes. Celui-ci est en piteux état. Le dernier bloc de la table est encore en équilibre mais pour peu de temps, semble-t-il ; l'effritement de la pierre est plus avancé. Par contre, les buttes de terre sont encore visibles ; on imagine mieux l'aspect originel de ce tombeau.
A quelques mètres de ce dernier dolmen, les ruines d'une bâtisse allongée. J'ignore quelle en était la fonction. De forme rectangulaire avec des toutes petites ouvertures carrées -comme des fenestrons- et une porte large, ce pouvait être une bergerie. Son volume me fait pourtant autant penser à une chapelle. Les "Gleyettes" pourraient se traduire par "petites églises" en occitan francisé. Une autre hypothèse serait "lieu où se trouvent des ruines" mais ce serait un terme pyrénéen. Le "devès", c'est le "bois interdit". L'idée serait : le bois interdit où se trouvent des ruines [et qui engloberait cette bâtisse en forme de petite église mais cette dernière supposition reste à vérifier].

D'autant plus que quelque chose m'intrigue à l'intérieur : une sorte de plate-forme bâtie, en forme de U, du côté ouest. Il semblerait que cet espace surélevé, inaccessible au troupeau ait servi pour préserver le couchage des bergers. J'ai retrouvé des architectures identiques dans les bouquins mais nulle part le détail de leur aménagement intérieur. Il est probable et logique que des bergers aient continué à vivre là parce que quelques mètres plus loin, c'est une vraie merveille qui s'est offerte à nos yeux...
A quelques mètres,  le cloup des Gleyettes (cloup = abîme, fosse, excavation), autrement dit une doline. Au milieu du Causse, le terrain s'est effondré pour former une cuvette verdoyante surprenante ; comme une petite oasis protégée des vents. On imagine aisément que là était le point d'eau qui servait au bétail des premiers bergers du néolithique et probablement aux occupants de la maison en ruines.

--> Les dépressions karstiques sur les causses du Quercy. Extrait de Quercy-Recherche n° 83, janvier
février 1996. Texte actualisé en août 2008 (Jean-Guy Astruc et Régine Simon-Coinçon) .


Sous la roche, une cavité sombre dans laquelle on rentre accroupis et une petite salle de plus de deux mètres de haut. C'est le noir presque total. 
A l'éclairage du flash, les couleurs des roches suintantes se révèlent avec ses plissés, ses nervures, ses trouées et cassures.
Je flashe en aveugle. Il faudrait revenir avec une lampe torche pour tout voir. L'alternance de l'obscurité et de ces merveilles entrevues est frustrante. Fugacement, au rythme du flash, je pense qu'elles sont belles justement parce qu'elles sont cachées. C'est une expérience nouvelle pour moi : je suis dans le ventre de la terre. Dans de bonnes conditions pour ne pas paniquer puisque je vois la sortie rassurante, j'apprécie la douceur de sa température malgré l'eau qui goutte du plafond vers la nappe phréatique.
 
Une autre salle se présente mais nous sommes -gnnnn !- trop gros pour passer l'ouverture étroite. Celle-ci semble sèche.

Et après ça ? Un bon goûter, évidemment !

C'est toujours bon de rentrer à la maison, hein, Reggae ?



6 Commentaire (s):

  1. Lôlà tortue légèreFeb 17, 2010 08:29 AM

    Ah, formidable dis donc, quelle balade !!
    Dans cette cavité...que de ressentis...Je viens, je viens !!
    PS. Si les grottes te font peur ( ?) Ici sur le Vercors il y en a une gentille "Grotte de Choranche". Aménagée, douce, pleine d'eaux.

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  2. Joliiiiiie, la grotte de Choranche ! Il y a un petit reportage sur Youtube qui en montre la magnificence.

    A une vingtaine de kilomètre de chez moi (toujours sur le Causse), nous avons celle de Foissac. Je n'ai pas trouvé de vidéo mais de belles images.

    Regarde !

    A la surface, un village de sédentaires de l'âge de cuivre a été reconstitué avec (ou d'après) les pièces prélevées lors des fouilles. Un menu typique de l'époque nous est même proposé.
    Je suis descendue plusieurs fois dans la grotte mais je n'ai pas vu le village. Je programmerai ça pour l'été prochain, tiens !

    Les grottes ne me font pas particulièrement peur mais mon équilibre est douteux : vertige, claustrophobie et je ne me déplace pas non plus la nuit parce que je n'ai pas conscience des reliefs (je ne me rappelle plus comment ça s'appelle)et je suis malade en voiture. J'arrive à tout ça mais ça me demande une grande concentration.
    Le cerveau et les yeux ont du mal à s'entendre ;)

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  3. Bonjour, dites, c'est à ces dolmens que les légendes associent les sorcières et les mages qui voyageaient à travers les siècles ?

    Merci pour cette belle excursion, très intéressant et instructif.
    Les photos sont très belles merci beaucoup.

    Bonnes journées.

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  4. Bonsoir en Aveyron, Dominique !

    Ce sont les légendes bretonnes qui associent le plus souvent les druides, sorcières et farfadets à leurs dolmens.
    Ici, les dolmens étaient souvent considérés comme "les tombeaux des géants". Les anciens devaient imaginer que ces sépultures étaient individuelles, je suppose.
    J'ai également relevé plusieurs légendes qui étaient basées sur des croyances religieuses.

    Ta question m'intéresse ; je ne m'étais pas interrogée à ce sujet (maintenant, oui ;))
    Je regarderai dans les livres, demain. Je demanderai aux conteurs du coin, aussi ; ce sera l'occasion de leur envoyer un petit bonjour.

    Merci pour ta curiosité qui me fait moi-même avancer... A bientôt par là !

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  5. Dominique, je cherche encore... Je n'ai trouvé qu'une légende clairement attribuée à un dolmen particulier du Lot.
    Il semblerait que la version du tombeau de géants ait suffit aux aveyronnais...

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  6. Merci, pour ton temps, peut-être est-ce en Irlande ou en Écosse que j'ai lu cette légende...

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