Lo dimècres es lo jorn de l'escòla per ieu ; en setembre, ai fach ma dintrada coma los escolans. Aprèp la jornada de travalh, m'en bau estudiar l'occitan. Aquò fa de ben de tornar ausir la lenga de la meuna familha. A l'ora de l'Europa, quora lo governament assacha d'escafar la nòstra identitat, es un biais coma un autre per pas oblidar qual soi : occitana e francesa.
Le mercredi est jour d'école pour moi ; en septembre, j'ai fait ma rentrée comme les écoliers. Après la journée de travail, je vais étudier l'occitan. Ça fait du bien d'entendre à nouveau la langue de ma famille. A l'heure de l'Europe, quand le gouvernement essaie d'effacer notre identité, c'est un moyen comme un autre pour ne pas oublier qui je suis : occitane et française.
Il fallait bien que ça arrive... Ça faisait trop longtemps que je tournais autour. Outre le plaisir de chanter à l'atelier choral occitan, il y a celui d'entendre la langue maternelle de mes parents, avec l'affect qui en incombe. Et puis si je veux participer aux conversations, il faut bien que je m'y mette. J'ai la langue qui me démange !
Dans le groupe des apprenants : un vieux châtelain américain, un fonctionnaire alsacien parachuté dans l'Aveyron, un agriculteur nouvellement installé dans le sud-ouest, une lycéenne qui vient en pointillés, un jeune sans boulot qui profite de son temps libre pour renouer avec ses racines, un couple de jeunes retraités qui participe à tout ce qui a trait à l'Occitan (que je retrouve à la chorale), un homme qui se fait plaisir en apprenant et deux fausses débutantes qui profitent de leurs acquis sans trop se fouler (dont moi). Il faudrait d'ailleurs que nous nous mettions à bosser parce que les autres commencent à nous fiche la honte, tellement ils sont studieux et efficaces.
Et notre prof, bien sûr... Il n'est pas rouergat de naissance ; une origine tarnaise s'entend dans son parler mais c'est parfait.
C'est parfait parce que ces diversités sont de vrais richesses. A côté de l'écriture occitane normalisée, nous sommes encouragés à conserver les particularités linguistiques propres à nos territoires. Le plus difficile pour moi est d'oublier les nombreux francismes dont usaient mes parents à l'époque où la langue accentuait sa conversion vers le français.
Nous sommes tous d'accord pour dire que ce temps d'étude est autant un temps de détente conviviale, malgré que ces deux heures se rajoutent à une longue journée de travail pour certains d'entre nous. Peut-être parce qu'il n'y a pas d'autre objectif que de se faire plaisir ; pas d'obligation, de notes, d'examen, pas de jugement. Mais une volonté enthousiaste de progression qui tisse lentement son maillage communautaire en consolidant la cohésion sociale et territoriale.
Sèm d'aicí e i demoram perque l'avèm causit.



