dimanche 21 septembre 2014

Réparer un cahier à ressorts

"Martin ? Tu peux m'expliquer ce que tu as fait avec ces cahiers qui n'ont que 15 jours ?"
Martin n'aime pas l'école. Il a sa version, très personnelle, de l'orthographe française : il a décidé d'oublier le pluriel. Les "s" sont optionnels parce que c'est plus rapide pour écrire, dit-il.
- Oui, oui, oui... Sauf que là, ce sont tes cahiers de math !
- J'aime pas les math !

Pas de bol, Martin ! Ta mère m'a refilé tes cahiers pour que je les renforce.



















Après la classique récrimination "C'était mieux avant !" et "C'est du premier prix", je suis stupéfaite de constater qu'il suffit de tirer sur le ressort pour que tout se déroule avec une facilité déconcertante. 
Bon. Force est de reconnaître qu'avant, c'était réellement -mieux, je ne sais pas- mais plus solide, c'est sûr. J'ai fouillé sur le net pour savoir quel est ce métal : il semblerait que ce soit un acier (mélange de fer et de carbone). Plus la teneur en carbone s'élève, plus la résistance de l'acier peut être augmentée par traitement thermique, au détriment de sa capacité à se déformer. Le sujet m'intéresse d'autant plus que je peste régulièrement après les fils de fer en rouleau qui cassent pour un rien ou les pointes qui plient sous le marteau ; ça, ça n'arrivait jamais "avant". Je soupçonne les industriels concernés d'être radasses sur le carbone, c'est dit.

Pour en revenir au cahier de Martin, j'ai donc arraché le ressort. J'ai ensuite renforcé la couverture avec une plastifieuse thermique. J'avais investi dans cet outil pour protéger des collages qui étaient exposés aux intempéries et je ne le regrette pas. C'est un modèle basique d'une trentaine d'euros, pour un format A4. Pour une utilisation occasionnelle, elle est parfaite.



















J'ai continué au feeling avec ce que j'avais sous la main : un dessous de plat en liège et mon découseur. L'objectif étant de perforer chaque œillet sans massacrer la nappe et la table, n'est-ce-pas... Très pratique, le découseur : la petite boule rouge que vous voyez en appui sur la couverture du cahier, limite l'enfoncement de la lame à quelques millimètres ; juste ce qu'il faut pour percer les deux épaisseurs de plastique.
Ensuite, couture ! Je me suis amusée à reconstituer les ressorts. Sur l'un des cahiers, j'ai doublé la couture, histoire de vérifier à l'usage son éventuelle efficacité. Comme j'ai un cobaye hors pair, l'expérience vaut le coup.
L'inconvénient de la couture d'un document plastifié, c'est qu'il faut percer. Donc, la fermeture n'est plus hermétique et l'air s'infiltre à nouveau entre plastique et cartonné. Sur les deux cahiers et après les avoir manipulés plusieurs fois, on peut voir l'étendue de la partie décollée. Apparemment, ça reste stable à ce niveau.

Ah, elle était contente, la maman... Dans un rire, elle chante :
" Comme il va bien travailler, mon fils !
- Tu veux que j'entoile le dos pour que ce soit plus solide ?"
Redevenue sérieuse parce qu'elle n'y croit qu'à moitié au beau cahier qui aide à mieux travailler, quoique... elle plisse un peu les yeux en signe de méfiance, et rusée elle confirme avec conviction "Ouais !".

Martin ? A toi !